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ÉNERGIE-ENVIRONNEMENT
Publié le 03/02/2010
Négociations sur le fer, la Chine marginalisée

 Cao Lei

Les trois magnats du fer avec leur client chinois.

Selon Financial Time du 12 janvier, les principaux producteurs de minerais de fer se sont réunis pour discuter du prix de cette importante matière première, laissant de côté leur plus gros client : la Chine. Des négociations ont été engagées entre Vale, Rio Tinto, BHP Billiton et les entreprises sidérurgiques japonaises, afin d'aboutir à un accord sur le prix de base pour l'année 2010, un prix qui sera imposé plus tard à la Chine.

 

Cette décision d'écarter les partenaires chinois des négociations laisse à réfléchir, car la Chine est le premier importateur mondial de fer, et représente plus de la moitié du marché du fer par transport maritime. Alors pourquoi un tel dédain pour ce gros client ? Selon une source du secteur, jusqu'à maintenant, aucun producteur n'a eu de négociations concrètes avec les acheteurs chinois, et aucun ne le compte faire. « Si la Chine veut négocier, elle peut venir en Australie », a ainsi lâché un haut responsable australien de la sidérurgie.

 

En effet, ce sont les trois premiers producteurs mondiaux qui ont donné le ton des négociations. Fin 2009, Roger Agnelli, président de Vale, a déclaré que le prix international du fer connaîtrait une augmentation de 10 % ou plus en 2010.

 

D'après Zhou Chengxiong, docteur au Centre de recherche stratégique de l'Académie des sciences de Chine, la mise à l'écart de la Chine est tout à fait normale, puisque la demande sur cet énorme marché chinois est éparpillée. La Chine manque de grosses entreprises susceptibles de représenter les intérêts de tous les acheteurs, comme c'est le cas au Japon, l'Association chinoise de l'acier et du fer est devenue le seul délégué des acheteurs chinois dans les négociations internationales. Néanmoins, cette association, de nature semi-officielle, dépendant à la fois du gouvernement et de l'opinion publique. D'une envergure limitée, elle vise pourtant un objectif très haut dans les négociations, ce qui traduit mal les préoccupations réelles des entreprises. Dans cette configuration, pour renverser la vapeur, il est nécessaire de créer un organe de négociations composé de représentants des entreprises, et intégrant la position et les intérêts de tous. Il faut regrouper les clients éparpillés en un ensemble puissant, capable de se mesurer aux trois magnats du fer.

 

D'après Han Xiaoping, directeur des systèmes d'information de China5e.net, ça fait dix ans que Vale, Rio Tinto et BHP Billiton se partagent le marché du fer. Seule, la « demande chinoise de minerais de fer » est incapable de briser leur monopole ni de changer l'actuel mécanisme de prix, surtout quand le marché international se réchauffe et que la position monopolistique des trois magnats se consolide davantage. De toute façon, les négociations seront encore plus difficiles pour les entreprises sidérurgiques chinoises en 2010. La Chine doit se dégager de la dépendance des producteurs étrangers, des trois magnats en particulier. Il est possible d'acheter du fer sur les marchés encore libres de l'influence des trois magnats, comme le marché indonésien. En outre, il faut recourir d'avantage au fer chinois bas de gamme et baisser l'exportation des produits d'acier bas de gamme, afin de sortir de cette situation dans laquelle la Chine achète cher le fer, et vend de l'acier à bas prix.

 

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