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Publié le 15/01/2015
La meilleure méthode pour conserver le « bleu APEC »

Lan Xinzhen

Le 19 novembre dernier, un smog a fait disparaître le « bleu APEC », un ciel azuréen dont Beijing a pu profiter pendant et après la réunion de la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC). La pollution atmosphérique est depuis revenue en tête des sujets de discussion. Lors de la clôture de l'APEC, le président Xi Jinping avait souhaité que le « bleu APEC » puisse perdurer. Mais la réapparition du smog montre qu'il ne s'agissait que d'un vœu pieux, du moins à l'heure actuelle. Certains disent que le « bleu APEC » aura été pour la Chine une expérience en matière de traitement de la pollution de l'air. Les mesures visant à obtenir des effets immédiats ne sont cependant ni scientifiques ni durables et on ne peut donc absolument rien en tirer.

Enumérons d'abord les facteurs qui ont permis la formation du « bleu APEC » : l'arrêt des chantiers de construction, la circulation alternée des véhicules, bus non inclus, en fonction des plaques d'immatriculations (paires ou impaires), la baisse de 70% de l'usage de la flotte des véhicules administratifs, le retrait des véhicules vieux et anciens ainsi que le retrait des entreprises polluantes, etc. En même temps, les régions voisines de Beijing comme le Hebei, Tianjin, le Shanxi, la Mongolie intérieure et le Shandong ont appliqué des mesures d'urgence pour la réduction des émissions, comme l'arrêt des chantiers de construction, la limitation de la production dans les usines, la limitation de l'usage des véhicules, la prolongation de la durée de l'arrosage des routes, etc.

La même méthode avait été employée d'une manière plus poussée en 2008, lors des JO de Beijing, avec le transfert des entreprises polluantes comme le complexe sidérurgique de Shougang. C'est ainsi que les Pékinois avaient pu profiter de « JO bleus ». Les inconvénients sont néanmoins évidents : la purification de l'air est garantie au détriment de l'économie et de la production industrielle. Il nous est donc impossible d'appliquer ces méthodes provisoires sur une longue période.

L'apparition du « bleu APEC » montre que la pollution de l'air à Beijing provient principalement de l'industrie locale, y compris celle des régions voisines. Mais suspendre la production industrielle risque de diminuer le revenu des ouvriers et d'accroître le nombre de chômeurs, et les problèmes socio-économiques qui en résulteraient sont sans doute plus graves que le smog. Réaliser une chose au détriment d'une autre n'est pas la bonne solution.

Le smog n'est pas un phénomène uniquement chinois. Après la révolution industrielle, Londres en a aussi été victime. Pour éliminer le smog, la capitale britannique a employé simultanément différentes méthodes, notamment la promulgation de lois et règlements, la diffusion de technologies, la transformation du tissu urbain en matière de population et de réseaux routiers, l'accroissement des espaces verts ou l'imposition de restrictions sur le plan industriel, au lieu de prendre uniquement des mesures provisoires comme la fermeture des usines ou la limitation de la production. A partir de la publication de la Loi sur la propreté de l'air en 1956, première loi destinée à prévenir et traiter la pollution atmosphérique, il aura fallu à la municipalité de Londres 20 ans pour faire passer la durée annuelle de smog à moins de 10 jours.

L'expérience fructueuse de Londres est très utile pour la Chine, et le « bleu APEC » nous enseigne que le fléau du smog est surmontable grâce à la réduction des émissions.

Mais réduire les émissions n'est pas synonyme de fermeture des usines ou d'imposition de restrictions à des entreprises. Nous pouvons utiliser davantage d'énergies propres à la place du charbon et effectuer le recyclage des eaux et gaz usés grâce à la technologie.

Il y a dix ans, le gouvernement chinois avait déjà commencé à mettre en pratique une politique de faible consommation énergétique et de réduction des émissions. L'objectif récemment fixé est de diminuer pour 2015 la consommation énergétique à 0,869 tonne équivalent charbon (TEC) pour 10 000 yuans de PIB (calculée au prix de 2005), soit une réduction de 16 % par rapport à celle de 2010 (1,034 TEC). En 2015, les émissions relatives à la demande chimique en oxygène et les émissions d'oxyde sulfureux seront contrôlées pour qu'elles ne dépassent pas respectivement 23,48 millions et 20,86 millions de tonnes, soit une réduction dans les deux cas de 8 % par rapport à celles de 2010. Pour parvenir à cet objectif, le gouvernement chinois a établi successivement les indices-modèles d'efficacité énergétique dans le processus industriel de 13 produits liés aux industries énergivores, comme les industries sidérurgique, chimique, des métaux non-ferreux et des matériaux de construction, tout en généralisant les technologies ainsi que les expériences d'avant-garde acquises en matière de faible consommation énergétique et de réduction des émissions.

La mise en place des mesures visant à réduire les émissions n'a cependant pas eu les effets prévus. Les énergies propres, utilisées de plus en plus à Beijing, n'arrivent pas à remplacer totalement les énergies polluantes qui sont encore largement employées dans les zones voisines de la capitale du pays. Par ailleurs, contrairement aux grandes entreprises nationales, les PME publiques et privées investissent très peu dans les technologies de réduction des émissions.

Ces problèmes résultent du manque de conscience de certaines autorités locales face à l'urgence de réduire les émissions. Cherchant uniquement à obtenir des succès immédiats en faveur d'une promotion ultérieure, des cadres locaux poursuivent de leur propre chef la croissance économique au détriment de la restructuration des secteurs et de la transformation du mode de croissance. Incapables de traiter correctement les rapports entre développement économique et réduction des émissions, ils ne matérialisent pas de manière efficace les mesures avancées dans ce domaine par le gouvernement central. De plus, les entreprises n'ont pas en elles cette impulsion qui leur serait nécessaire pour réduire leurs émissions en raison de l'imperfection de la politique des prix, des politiques fiscale et budgétaire, sans parler des mécanismes incitatifs et de contrainte du marché qui laissent encore à désirer. A cela s'ajoutent l'absence de normes, le retard pris dans l'établissement d'un système de calcul des données et de statistiques, ainsi que le manque de capacité de sondage et d'inspection.

A notre avis, le nœud du problème n'est pas le manque de capacité technologique. Ce qui est urgent, c'est de sensibiliser certains responsables à la réduction des émissions et de remédier à certaines lacunes politiques.

En édifiant une industrie respectueuse de l'environnement à faible consommation énergétique, la Chine pourra restructurer ses secteurs économiques et transformer son mode de croissance en vertu des principes de recyclage, de faible émission et de durabilité. C'est de cette façon que le pays sera capable de garantir la croissance durable tout en maintenant le « bleu APEC ». Plus grand pays en développement, la Chine a pour tâche primordiale de développer l'économie et d'éliminer la pauvreté sur une longue période, sans pour autant négliger l'importance de la lutte contre la pollution et de la création d'un environnement sain pour l'Etat et la population.

 

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