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Publié le 17/11/2008
Le paiement au bout des doigts

La technologie biométrique participe au renforcement de la sécurité du système bancaire chinois.

Tang Yuankai

Vous êtes devant le distributeur automatique. Vous avez votre carte bancaire à la main, mais vous ne vous souvenez plus de votre code confidentiel. Vous possédez plusieurs cartes de crédit et mémoriser le code de chacune d'entre elles relève pour vous de l'impossible.

Vous vous asseyez devant votre ordinateur, prêt à payer votre facture de gaz, d'électricité ou les nombreuses autres factures qui s'empilent sur votre bureau. Vous rentrez votre nom d'utilisateur et mot de passe pour accéder à chacun de vos comptes. Afin de décourager les fouineurs, vous vous creusez la cervelle pour trouver des mots de passe horriblement compliqués, que vous changez bien sûr régulièrement. Un jour, vous allez forcément tout mélanger.

Une solution à tous ces problèmes de mots de passe et de codes serait l'adoption d'un système de reconnaissance d'empreintes digitales. Il peut être utilisé dans les restaurants et les magasins et même chez vous grâce à un lecteur USB que vous connecterez à votre ordinateur.

Grâce à la technologie de la signature biométrique, le paiement au toucher n'est désormais plus un mode de vie relevant de la science fiction, mais une possibilité bien réelle. A Shanghai par exemple, un système bancaire de paiement par empreinte digitale a été mis en service, faisant de la ville la première d'Asie à offrir une telle technologie au grand public. Le système se répand aujourd'hui dans d'autres villes chinoises comme Beijing, Guangzhou, Shenzhen et Hongkong.

« Les banques utilisent la technologie de reconnaissance par empreinte digitale, sans conteste la technologie biométrique la plus avancée, sûre, stable et pratique. Elle est inviolable et infalsifiable. Les imitations ou reproductions d'empreintes digitales sont immédiatement détectées par ce système », expliquait le Dr Tan Tieniu, chercheur au Centre de test pour l'authentification biométrique (CBAT) au sein de l'Institut d'automatisation de l'Académie chinoise des Sciences (CAS). Tan, également le directeur de l'Institut d'automatisation et secrétaire général adjoint de la CAS, affirme que chaque empreinte digitale est unique et fournit donc des données uniques. Seul le titulaire d'un compte peut accéder à ce compte et faire des paiements. Ceci garantit donc discrétion et sécurité en matière de comptes bancaires.

D'après les scientifiques, même avec une population terrestre de 6 milliards de personnes, il n'existe aucune possibilité de voir deux empreintes digitales identiques au moins pour les 300 ans à venir.

Le système de paiement par empreintes digitales utilisé à Shanghai s'appuie sur la reconnaissance des données fournies par les empreintes digitales, en analysant les minuties telles que les bifurcations et les terminaisons. Il compresse ensuite les données pour permettre un stockage plus facile ainsi qu'une reconnaissance et une transmission rapides. Les informations recueillies sont pour finir codifiées en un mot de passe digital.

« Suivant la pression ou l'angle selon lequel on appose son doigt, les données générées seront différentes, les mots de passe produits par l'empreinte sont donc dynamiques, ce qui garantit d'autant plus leur sécurité », a déclaré Liu Lili, éditeur de la revue chinoise Computer World.

Si l'empreinte d'une personne génère des données différentes à chaque fois qu'elle est apposée, cela rend-il l'identification de cette personne plus difficile ? « L'ordinateur utilise des algorithmes pour reconnaître une personne grâce aux liens logiques internes existant entre les données », explique Chen Xiaofeng, directeur général de Live by Touch, fournisseur de la technologie relative aux systèmes de paiement par empreinte digitale utilisés à Shanghai.

La nature dynamique des mots de passe digitaux rend leur imitation difficile. « Même les ordinateurs les plus sophistiqués du moment ne peuvent déchiffrer ces mots de passe dans une dizaine de milliers d'années », affirme Chen. Les technologies que nous possédons nous permettent de détecter les empreintes en caoutchouc ou toute autre tentative d'imitation. »

Chen a toutefois admis que les paiements digitaux ne convenaient pas à tous les titulaires de comptes, puisqu'une identification sûre requiert avant tout une empreinte digitale lisible. Chen expliquait en effet qu'une petite fraction de la population, c'est-à-dire moins de 1%, n'a pas d'empreintes digitales ou bien possède une empreinte endommagée par la maladie ou le travail, notamment du fait de frictions répétées. La transpiration ou la saleté des mains sont également susceptibles d'entraver l'identification de l'empreinte digitale.

« Lorsqu'une empreinte n'est pas identifiable, la machine refuse de procéder au paiement, évitant ainsi tout risque d'imputer un paiement à la mauvaise personne », a ajouté Chen. Si un doigt ne permet pas l'identification, Chen suggère aux consommateurs d'utiliser les autres doigts de leurs mains.

Chen, 31 ans, est né, a grandi et a étudié à Shanghai. Son entreprise est également basée dans cette ville. La seule fois où il a quitté la ville, fut pour intégrer le MBA de l'Université Columbia. Un mois à peine après son entrée à l'université, Chen repartit à Shanghai. Le doyen de l'école lui avait en effet conseillé de saisir les multiples opportunités d'affaires qui fleurissaient alors en Chine, et avait accepté de reporter son admission à l'année suivante.

« La technologie du paiement digital que l'on utilise aujourd'hui ne provient pas des Etats-Unis, elle a été mise au point par ma société lors de mon retour en Chine », précise Chen. Avant de créer son entreprise spécialisée en technologie biométrique, Chen a vendu ses autres affaires, à savoir une société Internet ainsi qu'une société de média qu'il avait fondées à Shanghai.

Fin 2004, il investit un million de dollars dans le rachat de deux compagnies chinoises qui représentaient alors 80 % des parts de marché en matière de produits basés sur la technologie digitale. Il les fusionna pour donner naissance à sa société Live by Touch.

Concurrence

La société de Chen n'est pas la seule à évoluer sur le marché chinois de la technologie digitale. Récemment, lors de la 16ème édition annuelle du Salon international chinois de technologie et d'équipement en matière de services financiers et bancaires, les exposants ont offert des équipements sophistiqués dans le domaine des services financiers, ainsi que des logiciels et diverses solutions d'entreprise. La Solution bancaire digitale intégrale et ses produits dérivés, présentée par l'entreprise de haute-technologie TCSY basée à Beijing, a remporté lors de ce salon le prix d'excellence en matière d'équipement financier.

Avec la numérisation des services bancaires, la menace sécuritaire pesant sur la récupération, le stockage, la transmission et l'accès aux informations, s'accroît. L'actuel système de paiement par carte bancaire présente des failles de sécurité, comme la perte ou le vol de mot de passe ou encore la perte de la carte elle-même. Tout cela a provoqué une forte augmentation des actions en justice et des pertes économiques.

La solution par empreinte digitale proposée par TCSY apporte une réponse à ces problèmes épineux. Cette société a consacré trois ans au développement indépendant de la plate-forme de reconnaissance par empreinte digitale baptisée SmartFPI.

En juillet dernier, la solution proposée par TCSY a été mise en service dans les banques commerciales de la ville de Tangshan, dans la province du Hebei. Ce système a non seulement permis d'améliorer la sécurité des paiements, mais aussi d'accélérer ces paiements et d'abaisser les frais de traitement qu'ils occasionnent.

 

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