Modifier la taille du texte

Modifier la taille du texte

Imprimer cet article

Commenter cet article

BEIJING INFORMATION
CULTURE SCIENCES ET TECHNIQUES TIBET VOYAGE E-MAIL
Accueil>>> MONDE
Publié le 13/06/2007
Conférence de presse du 8 mai 2007

2007/05/08

Dans l'après-midi du 8 mai 2007, la porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Jiang Yu a tenu une conférence de presse et répondu aux questions, entre autres, sur les relations sino-japonaises, la question du Darfour, les pourparlers à six, la sécurité alimentaire et pharmaceutique.

Jiang Yu : Mesdames et Messieurs, bonjour. Avant de répondre à vos questions, j'ai quatre nouvelles à vous annoncer.

Sur l'invitation du Président Hu Jintao, le Président de la République socialiste du Vietnam Nguyen Minh Triet effectuera une visite d'Etat en Chine du 15 au 18 mai 2007.

Sur l'invitation du Président Hu Jintao, le Président de la République rwandaise Paul Kagamé effectuera une visite d'Etat en Chine du 13 au 18 mai 2007.

Le Ministre des Affaires étrangères de la République de Côte d'Ivoire Youssouf Bakayoko effectuera sur invitation une visite officielle en Chine du 9 au 14 mai 2007.

Le Premier Ministre du Conseil des Affaires d'Etat Wen Jiabao assistera à la cérémonie d'ouverture des Assemblées annuelles 2007 du Groupe de la Banque africaine de Développement qui se tiendront les 16 et 17 mai prochains à Shanghai et y prononcera une allocution.

Maintenant je suis prête à répondre à vos questions.

Q : Selon des médias américains, la Chine est prête à contribuer au déploiement par l'ONU de 3 000 hommes pour le maintien de la paix au Darfour. Pourriez-vous confirmer cette information ? Quel sera l'effectif du contingent chinois ? La Chine est-elle favorable à l'augmentation des forces onusiennes à 20 000 hommes ?

R : La Chine a adopté une position très claire sur la question du Darfour et y a joué un rôle constructif. Nous n'avons cessé de travailler auprès des différentes parties afin de trouver une solution pacifique à la question par voie de dialogue et de consultations d'égal à égal. En plus nous avons pris une part active aux opérations de maintien de la paix des Nations Unies au Soudan. Plus de 400 Chinois font partie de la Mission des Nations Unies au Soudan (Minus), déployée dans le Sud du Soudan, dont le mandat vient d'être prolongé de six mois.

Sur la demande des Nations Unies, le gouvernement chinois a décidé d'envoyer un détachement du génie au Darfour pour participer à l'application de la deuxième phase du plan Annan qui consiste à fournir, dans le cadre de l'ONU, du soutien aux opérations de maintien de la paix de l'Union africaine au Darfour.

Dans la situation actuelle, nous estimons que les différentes parties doivent s'en tenir à la stratégie de « double approche » pour faire avancer le processus politique au Darfour tout en mettant en œuvre progressivement le plan Annan sur la base de consultations sur un pied d'égalité. Il faut se garder de tout acte susceptible de compliquer encore davantage la situation. La Chine entend continuer d'œuvrer ensemble avec la communauté internationale pour le rétablissement de la paix et de la stabilité au Darfour.

Q : Le Premier Ministre japonais Shinzo Abe a offert à ses propres frais un bonsaï au temple Yasukuni en avril dernier. Quels sont vos commentaires à ce sujet ?

R : La question du temple Yasukuni est une question politique importante et sensible dans les relations sino-japonaises. Aujourd'hui que les deux pays sont parvenus à un consensus sur la levée des obstacles politiques au développement des relations bilatérales et la promotion d'un développement sain des relations d'amitié et de coopération sino-japonaises. Ce consensus doit être effectivement respecté.

Q : Selon certaines sources, le Panama souhaite dépêcher une mission en Chine pour enquêter sur l'affaire du diéthylène-glycol, qui, importé de Chine et utilisé pour la fabrication de médicaments, a causé la mort par intoxication d'une centaine de Panaméens. En l'absence de relations diplomatiques entre les deux pays, la Chine est-elle prête à autoriser cette mission à venir mener son enquête en Chine? Par ailleurs, le Mexique a fait savoir que la tension monte dans les relations sino-mexicaines à cause de la surtaxation par le Mexique des produits en provenance de Chine. Quel est votre commentaire à ce sujet ? La partie chinoise entamera-t-elle des consultations avec le Mexique sur ce dossier ou portera-t-elle cette affaire devant l'OMC ?

R : Ce matin je me suis renseignée auprès du Bureau national de contrôle des produits alimentaires et pharmaceutiques. En octobre dernier, la FDA américaine (Food and Drug Administration) a demandé l'assistance dudit Bureau pour une enquête sur l'affaire du diéthylène-glycol. Il s'est trouvé que l'entreprise concernée n'est pas une société de production ou de commercialisation de produits pharmaceutiques. Le diéthylène-glycol qu'elle a fabriqué comme substitut de la glycérine est destiné à l'industrie chimique, mais pas à la fabrication de médicaments. La législation chinoise en matière de contrôle des produits pharmaceutiques est très stricte sur l'achat par les entreprises pharmaceutiques des matières médicales et des matières auxiliaires à usage médical.

Concernant votre deuxième question, nous préconisons le règlement des litiges commerciaux entre différents pays par voie de consultations d'égal à égal. Je vous conseille de vous adresser au Ministère du Commerce pour avoir des réponses plus précises. Je vous rappelle que celui-ci tient aussi régulièrement des conférences de presse.

Q : Le Parlement allemand adoptera une résolution condamnant le système de rééducation par le travail de la Chine et demandant à celle-ci de fournir des informations précises sur ce système. Quels sont vos commentaires à ce sujet ? La Chine acceptera-t-elle que le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Droits de l'Homme et le Comité international de la Croix-Rouge mènent une enquête sur ce système ?

R : Votre question concerne les affaires intérieures de la Chine. Nous nous opposons à ce que quiconque, que ce soit le Parlement allemand ou tout autre pays, fasse des commentaires déplacés sur les affaires intérieures de la Chine.

La rééducation par le travail en Chine n'est pas une sanction pénale, mais une mesure administrative de correction vis-à-vis des auteurs de délits, le but étant de préserver l'ordre public et de prévenir et réduire la délinquance. Le système repose sur un fondement juridique que constituent les lois et règlements spéciaux ou y relatifs, adoptés et promulgués par le Comité permanent de l'Assemblée populaire nationale, ainsi que les décrets administratifs publiés par le Conseil des Affaires d'Etat. Par ailleurs, les départements compétents ont élaboré une série de règlements administratifs permettant d'encadrer la pratique de la rééducation par le travail. Les centres de rééducation par le travail sont tenus de garantir en vertu de la loi les droits et intérêts légitimes des détenus. Ceux-ci jouissent selon la loi du droit de vote, de la liberté de croyance religieuse et de communication et sont à l'abri de toute atteinte à leurs biens personnels, à leur dignité et de tout châtiment corporel ou maltraitance.

Protéger les droits de l'homme et les libertés fondamentales à travers la coopération internationale, voilà l'un des buts fondamentaux de la Charte des Nations Unies. Le gouvernement chinois soutient depuis toujours les efforts des institutions compétentes des Nations Unies dans la protection des droits de l'homme et a pris une part active aux activités des Nations Unies en matière de droits de l'homme. En 2005, la Chine a signé avec le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Droits de l'homme un mémorandum d'entente de coopération permettant de tracer les orientations de coopération dans les trois années suivantes. Par ailleurs, nous maintenons une excellente coopération avec les autres institutions onusiennes chargées des droits de l'homme. Outre le Haut Commissaire des Nations Unies pour les Droits de l'homme, nous avons accueilli en Chine le Rapporteur spécial sur la liberté de religion ou de conviction, des membres du Groupe de travail sur la détention arbitraire, le Rapporteur spécial sur le droit à l'éducation et le Rapporteur spécial sur la torture.

Q : Le nouveau Ministre des Affaires étrangères Yang Jiechi a eu récemment un entretien fructueux avec son homologue canadien Mackay. Mais les deux parties conservent toujours leurs positions respectives concernant l'affaire Yushanjiang. Quels sont les résultats de cet entretien ? Comment la partie chinoise apprécie-t-elle cet entretien ?

R : Récemment le Ministre canadien des Affaires étrangères Mackay en visite en Chine a eu un entretien avec le nouveau Ministre chinois des Affaires étrangères Yang Jiechi. Par ailleurs, il a été reçu par le Conseiller d'Etat Tang Jiaxuan. La relation sino-canadienne est une relation bilatérale très importante. Très attachée au développement continu de ses relations avec le Canada, la Chine est d'avis que les deux pays doivent s'en tenir fermement à leurs intérêts communs, maintenir les échanges et dialogue à différents niveaux et élargir la coopération mutuellement bénéfique. Pour ce faire, ils doivent respecter les préoccupations de l'un et de l'autre et rechercher un terrain d'entente en mettant de côté leurs divergences afin de bien gérer les questions sensibles et les divergences dans leurs relations, ce pour que les relations sino-canadiennes puissent se développer sans cesse de manière saine et régulière.

Concernant l'affaire Yushanjiang, nous avons exposé à maintes reprises notre position à la partie canadienne : Cette affaire n'est pas une affaire consulaire, mais une affaire pénale mettant en cause un citoyen chinois. Il s'agit là non pas d'une question des droits de l'homme, mais de lutte contre le terrorisme. Au cours de la visite du Ministre Mackay, la partie chinoise a réaffirmé sa position en la matière. Yushanjiang est un citoyen chinois. Avant l'octroi par le Canada de la nationalité canadienne à Yushanjiang, l'Interpol a déjà émis un mandat d'arrêt contre lui à tous les pays du monde, y compris le Canada. Ancien membre principal d'une organisation terroriste internationale répertoriée par les Nations Unies, Yushanjiang a pris part à toute une série d'attentats terroristes. Selon la Loi de la République populaire de Chine sur la nationalité, il est citoyen chinois, la double nationalité n'étant pas reconnue par la Chine. Nous espérons que le Canada, dans l'intérêt des relations bilatérales sino-canadiennes et de la coopération internationale antiterroriste, comprendra et soutiendra la sanction d'un terroriste par le gouvernement chinois.

Q : Des conflits opposant la population locale à des commerçants chinois ont eu lieu en Italie à Milan comme en Espagne à Barcelone. Quelle est la position du gouvernement chinois sur ce sujet ?

R : Le gouvernement chinois demande toujours aux ressortissants chinois à l'étranger de respecter les lois et règlements locaux pour bien s'intégrer dans la vie sociale active et contribuer au développement social et économique du pays d'accueil. Dans le même temps, nous espérons que les gouvernements des pays d'accueil concernés pourront protéger, en vertu de la loi, les droits et intérêts légitimes des citoyens chinois en outre-mer.

Q : La semaine dernière, les Etats-Unis et le Japon ont tenu la réunion du Comité consultatif sur la sécurité nationale, sans intégrer la question de Taiwan dans leurs « objectifs stratégiques communs ». Quelle est la réaction de la partie chinoise à cet égard?

R : Les Etats-Unis et le Japon sont tous les deux pays très influents en Asie-Pacifique. Leur coopération doit contribuer à la paix, à la stabilité et au développement dans cette région. La question de Taiwan, concernant la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Chine, relève des affaires intérieures chinoises. Nous ne saurons admettre aucune ingérence dans la question de Taiwan par quelque pays que ce soit, sous quelque prétexte que ce soit.

Q : L'Amnistie Internationale a accusé la Chine, dans un rapport qu'elle a publié, de la vente d'armes au Soudan malgré l'embargo imposé par les Nations Unies. Quel est votre commentaire à ce sujet ?

R : La Chine applique toujours une politique prudente, responsable et sévère en matière de contrôle de l'exportation des articles militaires. Elle n'exporte des articles militaires que vers les pays souverains et ne vend aucune arme aux entités non étatiques ni aux individus. Par ailleurs, elle demande aux pays receveurs des articles militaires de lui fournir des attestations d'identification de l'utilisateur final et de certification de l'utilisation finale, et de s'engager à ne revendre à aucune partie tierce les armes importées de la Chine. En même temps, dans le strict respect des résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité des Nations Unies, nous tenons à n'exporter aucun article militaire aux pays ou régions sous l'embargo imposé par le Conseil de Sécurité. L'exportation par la Chine des articles militaires vers l'Afrique se fait sur la base d'une pleine considération de l'évolution de la situation dans les pays et régions africains et dans l'esprit de préserver la paix et la stabilité régionales, la quantité en étant très limitée.

Q : Pourriez-vous nous donner des informations concernant l'arrestation d'un Colombien portant sur lui 154 kilos de cocaïne à l'aéroport de Shenzhen ?

R : Je ne suis pas informée de cette affaire, mais je peux m'en renseigner pour vous.

Q : Quelle sorte d'armes la Chine vend-elle au Soudan ? Dans quelle quantité ? L'utilisation de ces armes est-elle limitée ? Combien de personnels de maintien de la paix seront-ils envoyés au Soudan par la Chine pour le règlement du problème du Darfour ? Quand aura lieu ce déploiement ? La Chine a-t-elle eu des consultations sur ce sujet avec la partie soudanaise ? Les pourparlers à six ont-ils fait de nouveaux progrès ?

R : La Chine n'a vendu aux pays africains que des armes conventionnelles d'une quantité très limitée.

La Chine a décidé d'envoyer un détachement de sapeurs à la région du Darfour. Je vous informerai du nombre des sapeurs et d'autres détails quand j'aurai obtenu des informations plus précises.

Quant aux pourparlers à six, à ma connaissance, depuis ces derniers temps, les parties concernées s'emploient à régler le problème des fonds déposés par la RPDC à la Banco Delta Asia (BDA). Le règlement du problème se dirige vers le sens d'une solution effective. Nous espérons que les parties concernées pourront régler ce problème au plus tôt et de manière adéquate et mettre en œuvre dans les meilleurs délais le plan d'actions initiales, afin de faire progresser sans cesse le processus des pourparlers à six.

Q : Des reportages disent que le nombre des personnels de maintien de la paix dans la région du Darfour sera porté à 20 000. Est-ce que la Chine est favorable à cet égard ?

R : La Chine a décidé d'envoyer un détachement de sapeurs dans la région du Darfour en vue de l'exécution de la seconde phase du Plan Annan.

Le gouvernement chinois se montre toujours favorable aux opérations onusiennes de maintien de la paix. Jusqu'à présent, il a envoyé plus de 7 000 militaires, policiers et civils qui ont participé à 16 opérations de ce genre. A l'heure actuelle, on en compte encore environ 1 800 en mission dans 12 zones différentes. La Chine se classe dans les premiers rangs au sein du Conseil de Sécurité en terme d'envoi des personnels de maintien de la paix.

Q : Pourriez-vous nous présenter les raisons pour lesquelles M. Li Zhaoxing est relevé de ses fonctions du Ministre des Affaires étrangères ? Vous venez d'évoquer que les différentes parties se dirigent vers le sens d'une solution effective concernant la question des fonds de la RPDC, qu'entendez-vous par « le sens d'une solution effective » ?

R : Merci pour l'attention que vous portez sur le Ministre Li Zhaoxing. Il s'agit d'une succession normale. D'après ce que j'ai noté dans beaucoup de reportages, la presse a également évoqué que le Ministre Li a dépassé l'âge de la retraite. Durant son mandat, M. Li Zhaoxing a apporté une contribution importante à l'œuvre diplomatique de notre pays, ce qui lui a valu une appréciation générale. Même après sa retraite, il continuera à suivre de près et à soutenir les actions diplomatiques chinoises.

Quant au virement des fonds de la RPDC, vous savez tous qu'il faut du temps pour qu'une décision politique soit appliquée effectivement au niveau technique. Nous espérons que ce problème pourra être bien réglé dans les meilleurs délais.

Q : Le 1er mai, ont eu lieu à Macao des manifestations de grande envergure contre la détérioration de l'ordre social et l'afflux de la main-d'œuvre bon marché de la partie continentale de la Chine. Quelle est votre réaction à ce sujet ?

R : Après le retour de Macao à la souveraineté chinoise, les affaires se rapportant à Macao relèvent désormais des affaires intérieures de la Chine. Je vous prie de vous adresser aux départements compétents pour en avoir une réponse. Les autorités centrales de Chine appuient le gouvernement de la Région administrative spéciale (RAS) de Macao dans l'administration de Macao en vertu de la loi pour y préserver la stabilité et assurer la prospérité.

Q : Les Etats-Unis procèderont à un test des poissons-chats importés de la Chine, car des informations disent que ceux-ci sont porteurs des éléments cancérogènes. Est-ce que les parties chinoise et américaine ont-elles eu des concertations sur ce problème ? Concernant les fonds de la RPDC à la BDA, quelle est l'attitude de la Banque de Chine ?

R : Pour la première question, je vous propose de vous renseigner auprès des départements compétents.

Nous souhaitons voir une solution adéquate du problème des fonds de la RPDC à la BDA dans les meilleurs délais, afin que le processus des pourparlers à six puisse faire sans cesse des progrès et que la réalisation de l'objectif de la dénucléarisation de la Péninsule coréenne enregistre des avancées substantielles grâce aux efforts de toutes les parties.

Si vous n'avez plus de question, la séance est levée. Merci de votre présence. A la prochaine !



Beijing Information
24 Baiwanzhuang, 100037 Beijing République populaire de Chine
Edition française: Tél: 68996274 Fax: 68326628