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La visite de M. Macron en Chine ouvre un nouveau cycle de 60 ans |
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| JIN LING* · 2025-12-07 · Source: La Chine au présent | |
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(Xinhua/Ding Haitao)
Du 3 au 5 décembre 2025, le Président français Emmanuel Macron a effectué sa quatrième visite d’État en Chine, en réponse à celle du Président chinois Xi Jinping en France en 2024. Dans un contexte international marqué par des bouleversements et des tensions, les relations entre les deux pays, ainsi qu’entre la Chine et l’Europe, sont à un moment clé de leur redéfinition. Par ses actions, M. Macron a clairement transmis à l’Europe et au monde le caractère stable, résilient et unique du partenariat stratégique global entre la Chine et la France, dont la portée dépasse désormais les seuls enjeux bilatéraux, mettant en lumière son importance stratégique mondiale.
Consolider la confiance stratégique et l’engagement initial
En 1964, la France a été le premier grand pays occidental à établir des relations diplomatiques au niveau des ambassadeurs avec la Chine dans un cadre de Guerre froide, mettant en évidence la nature historique distincte des relations bilatérales sino-françaises.
Au cours des soixante dernières années, la Chine et la France n’ont cessé de renforcer leur coordination stratégique, d’approfondir leur coopération économique et commerciale et de consolider leurs échanges humains, faisant progressivement de leurs relations un modèle entre grandes puissances fondé sur le partage des responsabilités et l’interdépendance des intérêts.
En raison des bouleversements internationaux, des conflits géopolitiques, des changements dans l’équilibre des forces et de la montée du protectionnisme ces dernières années, les relations Chine-France et Chine-Europe ont été confrontées à des défis croissants. Certaines voix irrationnelles se sont élevées en Europe, considérant la Chine comme un « concurrent » voire un « rival systémique », appelant à une « réduction des risques » vis-à-vis de la Chine, dans un contexte où l’idéologie perturbe de plus en plus les relations bilatérales.
L’année 2025 a marqué à la fois le 50ᵉ anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la Chine et l’Union européenne (EU) et le début d’un nouveau cycle sexagésimal pour les relations sino-françaises. Il est donc essentiel de s’en tenir à l’esprit de l’établissement des relations diplomatiques entre la Chine et la France pour ancrer la trajectoire future d’un développement sain et stable de leurs relations bilatérales. Cela contribuera également à injecter stabilité et prévisibilité dans un monde qui en a cruellement besoin.
Lors de la rencontre entre les chefs d’État des deux pays, quatre priorités pour l’avenir des relations bilatérales ont été définies conjointement, parmi lesquelles le renforcement de la confiance politique mutuelle occupe la première place. Les deux parties ont souligné que, quelles que soient les évolutions de l’environnement international, elles doivent toujours faire preuve d’indépendance, d’autonomie et de vision stratégique, et se comprendre ainsi que se soutenir mutuellement sur les questions concernant leurs intérêts fondamentaux et leurs préoccupations majeures. C’est précisément ainsi que l’on confère une nouvelle signification contemporaine à l’esprit de l’établissement des relations diplomatiques fondé sur « l’indépendance et l’autonomie, ainsi que la compréhension mutuelle ».
L’indépendance et l’autonomie constituent la base stratégique qui permet de ne céder à aucune puissance ni de devenir l’appendice d’aucun grand pays ; la compréhension mutuelle est le fondement de la confiance réciproque, reposant sur le respect des intérêts vitaux de chacun et de ses choix de développement. Ce n’est qu’en restant fidèles à cette voie que la Chine et la France pourront dépasser la logique étroite des jeux géopolitiques et éviter les « rivalités de modèles » dominées par l’idéologie, afin de promouvoir conjointement la réforme et l’amélioration du système de gouvernance mondiale.
Aujourd’hui, l’unilatéralisme, la politique du plus fort et les résurgences du militarisme posent de graves défis au système international centré sur l’ONU et à l’ordre international fondé sur le droit. En tant que membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies, la Chine et la France sont deux forces majeures pour la préservation de l’ordre mondial établi après la Seconde Guerre mondiale. Elles portent une mission particulière dans la défense du multilatéralisme et la prévention d’un retour du monde à une confrontation par blocs.
Explorer de nouvelles voies de coopération
L’histoire des relations sino-françaises est également une histoire de coopération fondée sur un développement commun et la réussite mutuelle. La France a été témoin et actrice du grand processus de réforme et d’ouverture de la Chine ; tandis que le marché chinois, en expansion constante, et son potentiel de développement dynamique ont fourni une forte impulsion à la croissance de l’intégration européenne, y compris pour la France.
Dans un contexte où la mondialisation rencontre des vents contraires et où les discours prônant le « découplage » et la « rupture des chaînes d’approvisionnement » se font entendre, la coopération économique et commerciale entre la Chine et la France fait preuve d’une forte résilience. Au cours des dix premiers mois de 2025, le volume du commerce bilatéral a atteint 68,75 milliards de dollars, et le cumul des investissements réciproques a dépassé 27 milliards de dollars, ce qui constitue en soi la meilleure preuve de la logique du marché et des choix opérés par les entreprises.
Il est cependant indéniable que la stratégie de « réduction des risques » mise en œuvre par l’UE depuis 2023, ainsi qu’une série de mesures telles que le renforcement des instruments de défense commerciale, l’intensification du contrôle des investissements et la mise en place du Règlement sur les subventions étrangères, ont sérieusement perturbé l’environnement de coopération économique et commerciale bilatérale, y introduisant une dimension d’incertitude.
Récemment, la Commission européenne a de nouveau publié un document visant à renforcer sa stratégie de sécurité économique, marquant un nouveau déplacement de sa politique commerciale du libéralisme vers une logique de géo-économie, et ajoutant de nouveaux facteurs d’instabilité au système mondial du commerce, qui devrait être libre et ouvert.
À ce moment crucial, les dirigeants chinois et français ont conjointement émis un signal clair et fort en faveur de la coopération, tout en définissant les priorités pour l’élargissement de la coopération pragmatique. Cela constitue non seulement un « stabilisateur » pour la coopération économique et commerciale entre la Chine, la France et l’UE, mais aussi un contrepoids efficace à la stratégie dite de « réduction des risques ».
Les orientations de coopération future tracées par les deux parties reflètent une combinaison d’héritage et d’innovation : d’un côté, il s’agit de consolider et d’exploiter davantage le potentiel dans les domaines traditionnels d’excellence que sont l’aéronautique, l’aérospatial et le nucléaire ; de l’autre, les deux pays entendent développer la coopération dans des secteurs émergents tels que l’économie verte, l’économie numérique, la biomédecine et l’intelligence artificielle, ouvrant ainsi de nouvelles pistes de collaboration.
Pour répondre aux préoccupations réciproques, les deux parties ont également affirmé leur volonté de promouvoir un développement équilibré des relations économiques et commerciales bilatérales, d’élargir les investissements dans les deux sens, et de garantir aux entreprises des deux pays un environnement d’affaires équitable, transparent, non discriminatoire et prévisible. Cet engagement répond directement aux principales attentes des entreprises et renforcera sans aucun doute leur confiance précieuse.
Les Recommandations pour l’élaboration du XVᵉ Plan quinquennal de développement économique et social, adoptées lors de la quatrième session plénière du 20ᵉ Comité central du PCC, présentent au monde l’image d’une Chine stable, ouverte et innovante. Elles définissent clairement une orientation de développement centrée sur la haute qualité et un haut niveau d’ouverture, tout en accélérant la transition vers de nouveaux secteurs tels que l’économie verte, le numérique et la biomédecine. La Chine et la France, ainsi que la Chine et l’UE, pourront en profiter pour bâtir un nouveau modèle de coopération mutuellement bénéfique à un niveau encore plus élevé.
Raffermir la compréhension mutuelle par les échanges humains
La résilience et la vitalité des relations sino-françaises au cours des soixante dernières années ne proviennent pas seulement de l’orientation stratégique étatique, mais aussi de l’attirance réciproque entre les deux peuples et des liens profonds transmis de génération en génération. La France fut le premier pays à organiser avec la Chine des Années culturelles croisées, le premier à créer des centres culturels réciproques, et le premier grand pays occidental à lancer des échanges de jeunesse avec la Chine. Aujourd’hui, qu’il s’agisse du mécanisme officiel de haut niveau dédié aux échanges humains, des jumelages de villes, des échanges éducatifs, des flux touristiques, de la coopération sportive ou encore des « ambassadeurs pandas », les canaux d’échanges et de coopération entre les deux peuples ne cessent de s’élargir.
Cependant, des conceptions profondément ancrées de « centrisme occidental » constituent encore, dans une certaine mesure, un obstacle à une perception objective et rationnelle de la Chine contemporaine par les sociétés occidentales. Dans un contexte international marqué par l’intensification des conflits géopolitiques et la montée du populisme, ces biais cognitifs peuvent facilement être exploités et amplifiés, érodant ainsi la base d’opinion publique qui soutient les relations entre les deux pays.
C’est précisément pour cette raison que les dirigeants des deux pays ont fait de la promotion des échanges humains une priorité de la coopération, ce qui revêt une importance stratégique majeure pour le développement durable et à long terme des relations sino-françaises. Sur la base du succès de l’Année du tourisme culturel 2024, les deux parties s’engagent à approfondir encore les échanges et coopérations dans les domaines de la culture, de l’éducation, des sciences et technologies, ainsi qu’au niveau des collectivités locales, et ont décidé de lancer une nouvelle phase de coopération pour la protection des pandas géants. Ces initiatives injecteront une nouvelle dynamique puissante dans les échanges humains sino-français et encourageront un nombre croissant de personnes, en particulier les jeunes générations, à s’impliquer dans la cause de l’amitié entre la Chine et la France.
*JIN LING est vice-directrice et chercheuse à l’Institut d’études européennes de l’Académie chinoise des sciences sociales.
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