法语词典:
中文 English Deutsch 日本語 Chinafrique
Suivez-nous sur
  • descriptiondescription
Accueil Chine Monde Economie Culture Environnement Documents
Accueil >> Economie

Une navigation verte

GE LIJUN, membre de la rédaction  ·  2026-02-04  ·   Source: La Chine au présent
Mots-clés:

La Chine accélère la transition énergétique de son transport fluvial. 

Le Gezhouba, vraquier fluvial 100 % électrique de 10 000 tonnes, remplace ses batteries sur un quai dédié à Yichang (Hubei), le 20 octobre 2025. 

Chaque matin au port de Yangluo, à Wuhan (Hubei), le cargo 100 % électrique Huahang Xinneng n° 1 procède à un échange de batteries en moins de dix minutes avant de reprendre la navigation avec près de 8 000 kWh d’électricité. Affecté à une liaison régulière d’environ 100 km dans la province entre Huanggang et Wuhan, le navire a déjà parcouru près de 100 000 km en deux ans, permettant chaque année d’économiser 132 tonnes de carburant et de réduire les émissions de CO₂ de 334 tonnes. Son succès a entraîné la mise en service de six autres navires identiques sur le même tronçon.

Ces dernières années, de nombreuses provinces et villes chinoises ont tiré parti de leurs atouts en matière de transport fluvial et d’innovation pour expérimenter, à l’échelle de toute la chaîne industrielle, le développement de navires fluviaux verts et intelligents. De la recherche à l’exploitation, en passant par la conception, la construction et les équipements, une nouvelle dynamique s’impose sur les voies navigables intérieures.

Une révolution silencieuse

Sur le fleuve Changjiang, les navires sans bruit ni fumée sont devenus réalité. Capables de transporter des milliers, voire des dizaines de milliers de tonnes de marchandises sans recourir au diesel, ils s’avitaillent grâce à des systèmes de battery swapping (échange de batteries) rapides et standardisés. À quai, les conteneurs-batteries sont transférés vers des stations dédiées, tandis que des unités pleinement chargées sont aussitôt installées à bord, réduisant considérablement les temps d’immobilisation.

Cette transformation repose sur des avancées technologiques majeures. En octobre 2025, le Gezhouba, premier vraquier fluvial 100 % électrique de 10 000 tonnes, a été mis à l’eau à Yichang (Hubei). Son système intégré de propulsion électrique, développé par le laboratoire Donghu du Hubei, est l’aboutissement de plusieurs années de recherche engagées dès 2021. Plus d’une dizaine de systèmes similaires ont déjà été déployés sur des navires de différentes capacités, du segment 2 000 tonnes jusqu’aux unités de 10 000 tonnes.

Au-delà de leur performance environnementale, les navires électriques se distinguent par leur haut niveau d’intelligence. L’électrification facilite l’intégration de systèmes de contrôle automatisé et de gestion numérique. Des plateformes de données collectent en continu les informations issues du navire et de la terre, permettant une surveillance à distance, un diagnostic des pannes et une maintenance prédictive.

Au Shandong, cinq navires électriques polyvalents développés conjointement par le groupe Jining Energy et CATL ont été mis en service fin 2025 sur le Grand Canal Beijing-Hangzhou. Reposant sur le système de battery swapping, cette flotte de 2 000 tonnes par unité fonctionne sans émissions et à faible bruit. À elle seule, elle permet de réduire les émissions de CO₂ de plus de 1 300 tonnes par an. Selon CATL, l’entreprise participe à la R&D de navires électriques depuis 2017 ; ses batteries équipent aujourd’hui environ 900 navires dans le monde, soit près de 40 % du marché mondial.

Le développement des navires électriques stimule l’ensemble de la chaîne industrielle : batteries, moteurs, systèmes de contrôle, ainsi que les infrastructures de recharge et d’échange. À Jining (Shandong), ancien port charbonnier du canal, une base industrielle de plus de 7 ha dédiée aux navires à énergies nouvelles a vu le jour, donnant naissance à un nouveau cluster industriel vert couvrant la construction navale haut de gamme, les systèmes de propulsion propres et la gestion intelligente du transport fluvial.

En octobre 2025, cinq stations de battery swapping pour navires électriques ont été mises en service sur un tronçon de 617 km du fleuve Changjiang. Cela permet une circulation efficace des batteries entre les ports et les stations, réduisant les temps d’attente. « L’efficacité est plus de 20 fois supérieure à celle de la recharge directe », souligne Wang Xun, responsable chez Huadian Hubei Power Generation.

Parallèlement au fret, ces technologies s’étendent au tourisme. À Wuhan, les croisières nocturnes à bord du bateau électrique Junlü offrent une expérience agréable. Selon Li Mingyong, directeur adjoint et ingénieur en chef de l’Institut de recherche n° 712 du groupe China State Shipbuilding Corporation, c’est le succès du Junlü qui a servi de déclencheur : des navires spécifiquement adaptés à la rivière des Perles ont été développés, démontrant un haut niveau de sécurité et de fiabilité. Cette expérience a rapidement fait des croisières nocturnes un emblème culturel de Guangzhou (Guangdong), incitant d’autres grandes métropoles chinoises à lancer des offres similaires sur leurs principaux cours d’eau.

Des visiteurs découvrent le stand de CAEV, filiale de CATL spécialisée dans les navires électriques, lors du Salon international de l’industrie du transport maritime de Tianjin, le 11 juillet 2024.

Cap sur une transition de long terme

La Chine dispose du plus vaste réseau mondial de transport fluvial intérieur, qui représente environ 50 % du fret acheminé par voie d’eau. « Si ce mode de transport contribue largement à l’économie, cela reste une source de pollution significative : ses émissions de carbone représentent près de 3 % des émissions du secteur des transports », indique Zhang Na, professeure à l’Université Jiaotong de Beijing, à China Energy News.

Dans le contexte de l’objectif national « double carbone » (pic des émissions d’ici 2030 et neutralité carbone d’ici 2060), la transition du transport fluvial vers des énergies propres s’accélère. Selon le Quotidien du Peuple, la Chine compte déjà plus de 1 000 navires fluviaux à énergies nouvelles. Les navires électriques y occupent une position de premier plan à l’échelle mondiale, tandis que les propulsions au GNL, à l’hydrogène ou au méthanol progressent rapidement. Comparés aux navires diesel, les navires au GNL permettent de réduire de 98 % les émissions d’oxydes de soufre, de 30 % celles de CO₂ et de 80 % les particules fines.

Cet essor est soutenu par un cadre politique renforcé. Des textes nationaux publiés l’année dernière par le ministère du Transport encouragent l’application des technologies électriques, au GNL et au méthanol sur différents types de navires, tandis que plusieurs provinces proposent des normes adaptées, des incitations opérationnelles et des subventions financières. Au Shandong, par exemple, les navires à énergies nouvelles bénéficient de la gratuité du passage des écluses sur le tronçon local du Grand Canal Beijing-Hangzhou.

La sécurité constitue un autre pilier essentiel. En février 2025, l’Administration chinoise de la sécurité maritime a publié des règles techniques provisoires encadrant la conception, la construction et l’inspection des navires à batteries, afin de prévenir les risques spécifiques liés aux incendies, explosions et emballements thermiques.

Malgré ces progrès, les défis restent importants. Selon le Quotidien du Peuple, les navires à énergies nouvelles ne représentent encore qu’environ 1 % de la flotte fluviale intérieure, alors que près de 300 000 navires diesel demeurent en service sur les grands axes. Les coûts de construction restent élevés : un navire neuf au GNL coûte près de 40 % de plus qu’un équivalent diesel. De plus, la longue durée de vie des navires implique une transition progressive des carburants.

À l’échelle mondiale, la construction navale entre dans un « super-cycle » de transformation verte et intelligente. Les objectifs de l’Organisation maritime internationale – réduction de 20 % des émissions d’ici 2030, de 70 % d’ici 2040 et neutralité carbone à l’horizon 2050 – font écho aux engagements chinois de « double carbone ». Dans ce contexte, la transition verte et intelligente du transport fluvial chinois apparaît non seulement comme une nécessité industrielle, mais aussi comme une responsabilité historique, appelée à s’inscrire durablement dans le paysage énergétique et logistique du pays.

 

Lire aussi:
 
Liens:
Xinhuanet CGTNfr China Tibet Online Le Quotidien du Peuple Radio Chine Internationale
Ambassade de Chine en France Ambassade de France en Chine Faguowenhua French.china.org.cn
La Chine au Présent Dialogue Chine-France Traduction en ligne

24 Baiwanzhuang, 100037 Beijing République populaire de Chine


互联网新闻信息服务许可证10120200001 京ICP备08005356号-3 京公网安备110102005860